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Poésie de Mohammad Iqbal 

(Extraits de " Les secrets du Soi ")

Lorsque le soleil qui illumine la monde se précipita sur la nuit comme un brigand,

Mes pleurs arrosèrent le visage de la rose ;

Mes larmes lavèrent le sommeil de l’œil du narcisse,

Ma passion éveilla l’herbe et la fit croître,

Le jardinier éprouva la puissance de mon chant,

Il sema mes poèmes et récolta un glaive.

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Dans le sol, il ne planta que la semence de mes larmes,

Et unit ma plainte au jardin comme la chaîne et la trame.

Je ne suis qu’un atome, mais le soleil radieux m’appartient.


L’œil de l’existence n’est pas familier avec moi.

Je me lève en tremblant, craignant de me montrer.

Venue de l’Orient, mon aurore a chassé la nuit.

Une fraîche rosée sur la rose du monde.

J’attends les orants qui se lèvent à l’aube :

Ô heureux celui qui adorera mon feu !

Je n’ai pas besoin de l’oreille d’aujourd’hui,

Je suis la voix du poète de demain.


Maint poète est né après sa mort,

Il ouvrit nos yeux quand les siens étaient clos,

Il reprit son voyage à partir du néant.

Ainsi, les roses fleurissent sur la terre de sa tombe.

Bien que des caravanes aient traversé ce désert,

Elles ont passé en silence, comme passe un chameau.

Mais je suis amoureux : je proclame bien haut ma foi.




La forme de l’existence est un effet du Soi,

Tout ce que tu vois est un secret du Soi.

Quand le Soi s’éveilla à la conscience,

Il révéla l’Univers de la Pensée.

Cent mondes sont cachés dans son essence ;

L’affirmation du Soi amène le non-Moi à la lumière.

Par le Soi, la graine de l’opposition est semée dans le monde.




Ses illusions sont l’essence de la vie ;

Comme la rose, il vit en se baignant dans le sang.

Pour préserver une seule rose, il détruit cent roseraies 

Et fait de cent lamentations la quête d’une seule mélodie.

Pour un seul ciel, il produit cent nouvelles lunes,

Et pour un seul mot une centaine de discours.

L’excuse pour ce gaspillage et cette cruauté

C’est de façonner et de parfaire la beauté spirituelle.

La beauté de Shirin justifie la douleur de Farhad,

Un sein parfumé justifie cent daims musqués ;

C’est le sort des phalènes de se consumer dans la flamme.

La souffrance des phalènes est justifiée par la chandelle,

La plume du Soi a dessine cent aujourd’hui

Afin de créer l’aurore d’un seul lendemain,

Ses flammes ont brûlé cent Abraham

Pour que soit allumée la lampe d’un seul Mohammad.




Quand la vie tire sa force du Soi

Le fleuve de la Vie se déploie en un océan.




La vie est préservée par son but.

C’est en raison du but que tinte la clochette de la caravane.

La vie est dissimulée dans la recherche ,

Son origine est cachée dans le désir.

Garde le désir vivant dans ton cœur,

De peur que ta petite poussière ne devienne une tombe.

Le désir est l’âme de ce monde de couleurs et de parfums,

La nature de toute chose est la réserve du désir.

Le désir fait danser le cœur dans la poitrine

Et par son éclat le seil est rendu brillant comme un miroir.




Le nez, la main, le cerveau, l’œil, l’oreille,

La pensée, l’imagination, le sentiment, la mémoire et l’intelligence.

Tout cela, ce sont des armes inventées par la vie pour se préserver d’elle même.

Dans sa lutte incessante.




Nous vivons en créant des idéaux,

Nous brillons des rayons du soleil du désir !




Le point lumineux dont le nom est le Soi

Est l’étincelle de vie cachée sous notre poussière.

Par l’Amour, il est rendu plus durable,

Plus vivant, plus brûlant, plus éclatant.

De l’Amour provient le rayonnement de son être

Et le développement de se possibilités inconnues.


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